Apis Mellifera Concerto.
Mixed media. Sculpture, installation audio and video. 2026.
Curator: Nathalie Bachand. Commisionned work.
Sporobole Art Center









À venir / Upcoming  
Vernissage 2 octobre 2026 / Opening October 2nd 2026  





Apis Mellifera Concerto


Apis Mellifera Concerto d’Amélie Laurence Fortin est une 
installation sonore, sculpturale et vidéographique qui plonge dans les recherches sur l’intelligence comportementale des abeilles. Réalisée à la suite d’une résidence à Sporobole dans le cadre du Chantier IA (cohorte sonore) en 2025, elle propose d’approfondir la réflexion autour de questions relatives au langage du vivant humain, du vivant non-humain et de l’intelligence artificielle (IA).

Les avancées technologiques des récentes décennies ont favorisé la mise en place de méthodologies scientifiques non interventionnistes dans la recherche sur le monde du vivant; cette dernière tend désormais à s'extraire d’une vision anthropocentriste du monde. En ce sens, comme la collecte massive et l’analyse de données comptent maintenant parmi les approches privilégiées par la recherche, le développement accéléré des technologies en IA place l’apprentissage machine en tant qu’avenue incontournable dans l’étude comportementale du vivant. En informatique, les scientifiques ont reproduit les réseaux neuronaux de l’abeille pour concevoir des systèmes computationnels. Dans le domaine de l’IA, la recherche s’inspire de son efficacité énergétique pour développer des réseaux compacts car, contrairement aux LLM (Large Language Models), l'abeille démontre qu'un petit réseau de neurones suffit pour développer des capacités cognitives avancées. Enfin, le processus de navigation autonome imite le repérage visuel des insectes pour guider dans l’espace les robots ou les véhicules sans cartographie lourde. De ce point de vue, les abeilles agissent un peu comme un miroir vivant de nos systèmes informatiques automatisés idéalisés.

Au 20e siècle, le professeur allemand Karl Von Frisch a découvert que les abeilles se communiquent entre elles, et avec une grande précision, les localisations de champs de fleurs grâce à la danse (en rond et frétillante). Par cette découverte — qui lui a valu un prix Nobel en 1973 —, le chercheur a pu démontrer que les abeilles avaient un langage comportemental complexe basé sur la trigonométrie et, qu’ainsi, l’humain n'était plus le seul porteur d'outils de communication navigationnelle et d’informations stratégiques. L’éthologiste Martin Lindauer, étudiant de Von Frisch, a ensuite développé une méthodologie d’étude des individus dans un essaim qui lui a permis d’observer des traces de démocratie chez les abeilles. Les recherches sur le système démocratique des abeilles se sont consolidées grâce aux travaux de Thomas D. Seeley de l’Université Cornell aux États-Unis. Le biologiste a prouvé avec certitude que les abeilles, tout comme l'humain en groupe, ont développé une méthodologie de prise de décision logique fondée sur le consensus.

Après un échange avec Thomas D. Seeley, l’artiste a obtenu l’autorisation de travailler à partir de ses recherches. La démocratie, après tout, est peut-être un des sujets de conversation les plus intéressants à aborder dans le contexte commercial de l’IA – lequel fait miroiter l’idée que liberté est synonyme d’absence de tension. Pourtant, la démocratie, comme la création, nécessite une importante part de friction pour stimuler la réflexion.  

En binôme avec Renaud Gervais, développeur créatif à Sporobole, Amélie Laurence Fortin a créé un instrument sonore génératif et comportemental qui reproduit chaque étape du processus de prise de décision démocratique chez les abeilles à miel lorsqu’elles divisent la ruche pour en chercher une nouvelle. Cet instrument biomimétique, capable de générer une orchestration d’un ensemble vivant et en mouvement, a bénéficié des récentes avancées en IA et en développement logiciel agentique pour permettre une exploration rapide et robuste de plusieurs médias et modalités expressives. Les mouvements des abeilles dans l’espace entre la ruche et les sites d’investigation de même que les danses qui servent à communiquer leurs intentions de vote deviennent ici une véritable partition de leur système démocratique. Ces différents aspects comportementaux cohabitent comme des couches de langages solidaires rendus visibles à travers une spatialisation sonore. C’est pourquoi l’installation proposée est ambisonique et invite le public à se déplacer dans l’espace pour examiner, à son tour, le territoire conceptuel.

L’installation comprend aussi une composante vidéo qui présente une colonie d’abeilles filmées en macro. La magnification ainsi provoquée par la modification d’échelle des insectes fait de cet élément vidéographique contemplatif une ode au mouvement, au vivant dans son désordre organisé; il nous rappelle aussi que l’individu est indissociable de la collectivité.




Crédits 

Direction de la photographie : Emiko Okime
Interprétation au violoncelle : Michał Bromboszcz
Programmation et soutien technique : Renaud Gervais


Remerciements 

Nathalie Bachand, Vicky Chainey Gagnon et toute l’équipe de Sporobole, Tim Landgraf, Freie Universität, Berlin, Joana Szymajda et Teatr Wielki w Łodzi – Opera Łódzka, Laura Elena Del Olmo Frese et le Museo Nacional de Antropología (México), Maciek Berski, Caroline Landau, Paweł Kamiński

Apis Mellifera Concerto


Amélie Laurence Fortin’s Apis Mellifera Concerto is a sound, sculptural, and video installation that delves into research on the behavioral intelligence of bees. Created following a residency at Sporobole as part of the Chantier IA (sound cohort) in 2025, the work aims to deepen reflection on questions related to the language of human life, non-human life, and artificial intelligence (AI).

Technological advances in recent decades have facilitated the adoption of non-interventionist scientific methodologies in research on living organisms; this field is now moving away from an anthropocentric worldview. In this sense, as large-scale data collection and analysis are now among the preferred approaches in research, the rapid development of AI technologies positions machine learning as an indispensable avenue in the behavioral study of living organisms. In computer science, scientists have replicated the neural networks of bees to design computational systems. In the field of AI, research draws inspiration from the bee’s energy efficiency to develop compact networks because, unlike LLMs (Large Language Models), bees demonstrate that a small neural network is sufficient to develop advanced cognitive abilities. Finally, the process of autonomous navigation mimics the visual orientation of insects to guide robots or vehicles through space without the need for complex mapping. From this perspective, bees act somewhat like a living mirror of our idealized automated computer systems.

In the 20th century, German professor Karl von Frisch discovered that bees communicate with one another—and with great precision—the locations of flower fields through dance (circular and wiggling). Through this discovery—which earned him a Nobel Prize in 1973—the researcher was able to demonstrate that bees possess a complex behavioral language based on trigonometry and that, as a result, humans are no longer the only ones capable of using tools for navigational communication and strategic information. Ethologist Martin Lindauer, a student of Von Frisch, subsequently developed a methodology for studying individual bees within a swarm, which allowed him to observe signs of democracy among bees. Research on the bees’ democratic system was further solidified by the work of Thomas D. Seeley of Cornell University in the United States. The biologist proved conclusively that bees, just like humans in groups, have developed a logical, consensus-based decision-making process.

After a discussion with Thomas D. Seeley, the artist obtained permission to base her work on Seeley’s research. Democracy, after all, is perhaps one of the most interesting topics of conversation to address in the commercial context of AI—a context that holds out the illusion that freedom is synonymous with the absence of tension. Yet democracy, like creativity, requires a significant amount of friction to stimulate reflection.

In collaboration with Renaud Gervais, a creative developer at Sporobole, Amélie Laurence Fortin created a generative, behavior-based sound instrument that replicates each stage of the democratic decision-making process among honeybees when they split the hive to search for a new one. This biomimetic instrument, capable of generating an orchestration of a living, moving ensemble, has benefited from recent advances in AI and agent-based software development to enable rapid and robust exploration of various media and modes of expression. The bees’ movements through the space between the hive and the research sites, as well as the dances they use to communicate their voting intentions, become here a veritable score of their democratic system. These various behavioral aspects coexist like layers of interconnected languages made visible through spatialized sound. This is why the proposed installation is ambisonic and invites the audience to move through the space to explore, in turn, the conceptual territory.

The installation also includes a video component featuring a colony of bees filmed in macro. The magnification created by the change in scale of the insects transforms this contemplative video piece into an ode to movement and to life in its organized chaos; it also reminds us that the individual is inseparable from the collective.










Credits

Director of Photography : Emiko Okime
Cello performance : Michał Bromboszcz
Programming and technical support : Renaud Gervais


Acknowledgments

Nathalie Bachand, Vicky Chainey Gagnon et toute l’équipe de Sporobole, Tim Landgraf, Freie Universität, Berlin, Joana Szymajda et Teatr Wielki w Łodzi – Opera Łódzka, Laura Elena Del Olmo Frese et le Museo Nacional de Antropología (México), Maciek Berski, Caroline Landau, Paweł Kamiński


︎.     ︎       ︎.      ︎.     Amélie Laurence Fortin 2025